L’orgue de la Collégiale Saint-Sauveur de Grignan est le plus ancien de la Drôme.
Il a été construit en 1662 par le facteur d’orgue Charles Le Royer (ou Royer), originaire de Namur et installé en Provence vers 1647, puis à Marseille en 1662. De ses nombreuses créations ne restent aujourd'hui que cinq instruments, dont celui de Grignan, tous classés « Monuments Historiques ».
A l’origine, cet instrument ne possédait qu’un seul clavier. Il est installé en tribune, sur le côté de la nef, et occulte une partie de la baie du demi-transept sud.
Le buffet est en noyer, la partie centrale est d’origine. Les décorations des parties latérales datent de l’époque des travaux de la fin du 19ème siècle.
Il a fait l’objet d’un classement en 1974.
Au début du 19ème siècle, il faut reconstruire bon nombre d’instruments abimés par la Révolution française. Il faut aussi remettre « au goût du jour » les orgues anciennes. L’orgue de Grignan n’échappe pas à cet engouement.
En 1880, cet instrument est ainsi restauré par le facteur d’orgue Théodore Puget. Il est agrandi; un 2ème clavier (Récit) est ajouté. Les tuyaux sont placés à l’intérieur du buffet, dans une « boîte expressive ».
Voici ce qu’écrit Théodore Puget à ce sujet dans son projet :
Les jeux du Récit expressif seront enveloppés dans une grande chambre appelée « boîte expressive » garnie de lames mobiles que l’organiste peut mettre en mouvement pour produire les nuances les plus délicates de Forte ou de Pianissimo.
Cornet du Grand orgue
Jeux du récit
Toutefois, certains registres de l’orgue ancien seront conservés.
Au clavier principal :
Le bourdon 16’,
le bourdon 8’,
la montre 8’,
le cornet et la doublette 2’ (complétée).
Au Récit :
La « petite flûte » 4’ (complétée).
Au final, c’est un instrument de 18 jeux qui est livré.
La console et les registres
En 1964, la manufacture alsacienne Ernest Muhleisen restaure l’instrument; elle conserve elle aussi certains jeux de Théodore Puget ou les transforme et en ajoute de nouveaux. La boîte expressive est supprimée (la structure est toujours en place à l’intérieur du buffet). Ainsi, elle donne à l’orgue de Grignan l’esthétique « néo-classique » que nous connaissons aujourd’hui.
En 2020, la maison Formentelli-Saby réalise des travaux sur la mécanique et l’harmonisation de certains registres.